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Synopsis

Au Chiapas, dans le sud du Mexique, les habitants de Tila et d’autres villages ayant expulsé la mairie et la police se confrontent au défi de l'autogouvernement. "Un lugar más grande" explore la construction de l'autonomie au quotidien, révélant une large trame de personnes, de générations, d'esprits et de paysages, et des images inédites. Une plongée au cœur d'un processus collectif, quand l'autogouvernement devient une responsabilité envers soi-même et envers les autres. Une aventure d’inspiration zapatiste en territoire maya ch'ol.

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Trailer

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Fiche Technique

Titre original Un lugar más grande
Titre en anglais A Bigger Place
Auteur-réalisateur Nicolas Défossé
Pays de production Mexique, France
Année 2025
Durée 115 min.
Genre Documentaire
Langues originales Ch’ol (langue maya), espagnol
Sous-titres disponibles Espagnol, anglais, français
Couleur
Son 2.0 / 5.1
Rapport d’aspect 16:9
Lieu de tournage Ejido Tila (Chiapas, Mexique)
Écriture et réalisation Nicolas Défossé
Produit par Daniela Contreras, Laurence Ansquer, Nicolas Défossé
Image Xun Sero
Montage Jean de Certeau, Nicolas Défossé
Son Martin de Torcy
Mixage Frédéric Hamelin
Étalonnage Néstor A. Jiménez Díaz
Production exécutive Daniela Contreras, Laurence Ansquer
Maisons de production Terra Nostra Films (Mexique), Tita B Productions (France)
Distributeur France Una Mattina Films
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Galerie

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Presse

Articles

“Un lugar más grande”, une visite au sujet collectif - Desinformémonos (FR) Lire
“Un lugar más grande” : une conversation avec Nicolas Défossé - Este País (FR) Lire
‘Un Lugar más Grande’, de Nicolás Défossé: La autonomía de Tila, en cine directo - IMCINE (ES) Lire
Viva Mexico 2025 : “Un lugar más grande” de Nicolas Défossé - Mediapart (FR) Lire
“Un lugar más grande” en ouverture de Cinélatino Toulouse - Cinémas Utopia (FR) Lire
Entretien de Nicolas Défossé à propos de son film “Un lugar más grande” - Mediapart (FR) Lire
'Un lugar más grande', la visión casi cosmogónica de Nicolás Défossé sobre los pueblos de México - Excelsior (ES) Lire
Nicolás Défossé y Juan Carlos Rulfo retratan pueblos marginados en Ambulante - Milenio (ES) Lire

Critiques

Un Lugar más Grande - FICUNAM (ES) Lire
Un lugar más grande - Los Experimentos Blog de Cine (FR) Lire
Un Lugar Más Grande - Narrativas Antropológicas (ES) Lire
Un lugar más grande : Les braises cachées d'un présent lointain - Encuadres (FR) Lire
Un Lugar Más Grande - Ambulante (ES) Lire
Un Lugar Más Grande : Peuple Fiction - MovieRama (FR) Lire
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Contexte Historique

chronologie de l'Ejido Tila
appartenant au Peuple Autochtone Ch'ol

  • 1910-1917

    Révolution Mexicaine.

    La Constitution de 1917 a établi un cadre juridique pour la création des ejidos à l'échelle nationale, une forme de propriété sociale issue des luttes paysannes. Aujourd'hui, les ejidos représentent environ 52 % du territoire national, selon le Registre Agraire National.

    Au Chiapas, contrairement à d'autres États du pays, la redistribution agraire a été empêchée par les propriétaires terriens chiapanèques. Cette situation est l'un des facteurs clés pour comprendre le soulèvement armé néo-zapatiste qui aura lieu des décennies plus tard, en 1994.

    Cependant, au cours des décennies qui ont suivi la révolution mexicaine, dans le nord du Chiapas, certains groupes de paysans indigènes ch'oles ont réussi à se libérer de leur condition de travailleurs attachés à l'hacienda, souvent objets d’un servage pour dette. Grâce à leur force d'organisation, ils ont récupéré une partie, mais pas la totalité, de leurs terres ancestrales, obtenant l'expulsion de certains propriétaires terriens.

  • 30 juillet 1934

    Des terres furent octroyées à l'Ejido Tila par décret présidentiel. Cette concession fut ensuite étendue en 1958 et 1970.

    Chaque année, ce jour-là, les membres de l'ejido descendent dans les rues et parcourent la ville pour célébrer l'anniversaire de la résolution présidentielle, selon leurs propres termes « le plus grand héritage que nous ont laissé nos arrière-grands-parents qui ont marché pendant 40 ans de Tila à Tuxtla » pour légaliser leurs terres.

  • 2 juin 1961

    L’Organe Consultatif Agraire a approuvé le plan d'exécution des terres accordées à l'Ejido Tila, communauté indigène ch'ol, un plan servant à la localisation géographique et à la délimitation des terres concédées à l'ejido.

    Cependant, en 1966, cette même autorité a ajouté une annotation indiquant un « fonds légal » sur le plan, c'est-à-dire une portion de terrain destinée à la fondation et à la construction de la ville, où seraient installés des bâtiments de services publics appartenant à l'État. Cela a incité l'ejido à déposer l'un de ses premiers recours juridiques en 1977, pour contester cette appropriation de ses terres.

  • 17 décembre 1980

    La 54e législature de l'État du Chiapas a promulgué le décret n° 72, déclarant 130 hectares de la zone urbaine de l'Ejido Tila comme propriété légale de l’État, faisant ainsi de ces terres une propriété municipale. Contre cette décision, l'Ejido Tila a intenté le recours juridique n° 259/1982. Cette affaire emblématique sera par la suite portée devant la Cour suprême.

  • 20 juillet 1984

    L'Ejido a remporté le recours 890/1977, qui a déclaré inconstitutionnelle l'annotation de 1966 émise par l'Organe Consultatif Agraire. Cela a permis de reconnaître que les 130 hectares de terres en question appartiennent à l'Ejido Tila. Cette annotation a été ensuite légalement invalidée en 1994.

  • 1994-1996

    Tila se trouve dans la zone de conflit liée au soulèvement armé zapatiste de 1994. Dans cette municipalité, le groupe paramilitaire « Paz y Justicia » a été formé par différentes instances gouvernementales afin d'affaiblir l'insurrection zapatiste. Ce groupe paramilitaire a procédé à des exécutions et à des déplacements de population dans les municipalités de Tila, Sabanilla et Salto de Agua. La mairie de Tila a été identifiée comme l'un des opérateurs du groupe, en coordination avec l'armée mexicaine.

  • 17 octobre 2008

    Le juge du premier district de l'État du Chiapas a accordé le recours n° 259/1982 à l'Ejido afin d'empêcher l'application du décret n° 72 de 1980 et de bloquer ainsi toute action susceptible d'entraîner la dépossession des terres de l’ejido, comme leur division en lots urbains. Ce jugement a réaffirmé que les 130 hectares constituent la propriété de l'ejido et doivent lui être restituées.

  • 16 décembre 2015

    L'Assemblée de l'ejido, instance suprême de la communauté, a décidé d'exercer son droit à l'autonomie, en tant que peuple autochtone et ejido, en expulsant la mairie, face au refus constant de l'État du Chiapas de respecter le recours juridique gagné par l’ejido. Cette décision a marqué la reconfiguration du gouvernement communautaire à travers des formes d'autogestion, de défense territoriale et de justice autonome. Cette action a provoqué le déploiement du système de justice pénale de l’État contre les autorités autonomes de l’ejido, avec l'émission de mandats d'arrêt pour émeute et trouble à l'ordre public.

  • 12 septembre 2018

    La restitution des terres à l'Ejido Tila n'ayant pas été exécutée, l'affaire a été portée devant la Cour suprême de justice de la Nation, qui a statué sur l'incident de non-exécution du jugement 1302/2010. Plusieurs mémoires d'Amicus Curiae ont ainsi été déposés, dont celui de l'ancien Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, ainsi que des avis d'experts en anthropologie, anthropologie juridique, génie urbain et économie.

    La Cour a ordonné la reprise des procédures d'exécution du recours 259/1982 et a demandé aux autorités de l’État du Chiapas des informations sur les mesures prises pour restituer les 130 hectares à l'Ejido Tila.

  • 2020-2023

    Durant cette période, l'Ejido Tila a connu une recrudescence de la violence et des divisions internes. En 2023, plusieurs meurtres ont été commis, liés à des conflits internes et au trafic de drogue. Des incendies criminels ont également eu lieu dans le centre-ville, et des groupes armés tels que « Karma » ont eu recours à l'intimidation, menaçant des membres du Congrès National Indigène (CNI). En novembre de la même année, la ville a subi des coupures de courant et des disparitions. La Garde Nationale est intervenue, mais sans succès. La situation n'a fait qu'empirer.

  • 12 janvier 2024

    Assassinat de Carmen López Lugo, membre actif du Congrès National Indigène (CNI) et ancien conseiller de surveillance du comité directeur de l'Ejido Tila.

  • 14 mars 2024

    Assassinat de Domingo Lugo Ramírez, membre actif du Congrès National Indigène (CNI) et ex-dirigeant de l’Ejido Tila.

  • Juin 2024

    Le conflit s’est intensifié avec des embuscades, des incendies de maisons et le déplacement forcé de plus de 2 000 personnes, ainsi que des arrestations arbitraires de membres du conseil d'administration de l'eau, géré par l'Ejido.

  • 2025

    Au cours des premiers mois de 2025, une tentative a été faite pour conclure un accord de civilité entre l'État, l'Ejido et les habitants non membres de l'Ejido, afin d'endiguer la violence et de rétablir la paix dans la région. Cependant, cette réconciliation n'a pas été totale, certains ayant exprimé leur méfiance à l'égard de l'accord.

    L'Ejido Tila est fragmenté, et en proie à une vague de violence perpétrée par le crime organisé, les autorités étatiques et les groupes paramilitaires. Les membres du Congrès National Indigène (CNI), qui ont historiquement mené la lutte juridique et politique au sein de l'Ejido, craignent pour leur vie et leur liberté, en raison de possibles mandats d'arrêt émis à leur encontre suite à la stigmatisation publique de l’autonomie.

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